Travelling is just amazing - Moment out of the time where everything
take another meaning - No more cosy home and people to cheer you up -
Stand by yourself - My sketchbook as a witness of the beauty that my
eyes wanted to catch to share it
Hope travelling by my side with these little sketches is possible.
C'est
marrant comme je me sens surement plus encline à dire mes sentiments en
anglais, parce qu'après tout ce n'est pas ma langue maternelle et les
mots n'ont donc pas le même impact. Ils sont pourtant bien réels et
ressentis. Il y a juste cette espèce de timidité qui n'a plus de raison
d'être. Je vais pourtant essayer, en français de décrire ce qu'a pour
moi été ce voyage de neuf mois en Nouvelle Zélande.
Après trois ans à
ne pas pouvoir respirer à mon rythme, j'ai voulu me donner cette
chance. J'ai aussi l'énorme chance d'avoir des parents qui m'ont soutenu
financièrement au départ. Grosse chance et en même temps dur pour moi
de partir le coeur léger. Je partais en me mettant la pression d'arriver
à me débrouiller financièrement car après tout, si je n'avais pas pu
respirer à mon rythme tout ce temps, je n'avais pas non plus été
confrontée au monde réel, celui du travail et de l'argent. J'étais dans
une bulle à la fois confortable et insupportable. Je voulais savoir ce
que c'était dehors. Dans ce monde si terrifiant, celui des adultes.
Alors j'y suis rentrée doucement, un voyage avec pour but d'apprendre
l'anglais, cette langue qui ne m'attirait pas et puis lâcher mon écran.
Voir si j'avais toujours envie de dessiner après tout ça. Voir si
j'étais toujours la même personne que celle rongée par le stress de
devoir correspondre à ce qu'on attendais d'elle. Voir si j'étais capable
de me tenir droite toute seule. Je suis partie avec une amie, parce
qu'au fond de moi, je ne me le sentais pas de partir seule. Pleine
d'idéaux mais pas assez de cran pour les réaliser dès le départ. Je
voulais apprendre l'anglais et je suis partie avec une française, déjà,
ce n'était pas logique. Mais bon, ça me rassurait d'être avec elle,
d'affronter toutes ces nouveautés avec quelqu'un. Par la suite ça ne
s'est pas bien passé car nous étions surement trop différentes et je
n'ai pas su régler le problème de manière honnête. J'avais peur de la
blesser car je bouillonnais et finalement elle ne m'a pas laisser le
choix. Je l'ai blessé. Et je n'en suis pas fière. J'ai commencé à
prendre de l'indépendance en travaillant. Enfin j'apprenais l'anglais,
enfin je commençais à rencontrer des gens avec qui je rentrais en
résonance. C'est marrant comme parfois, on n'a pas besoin de parler pour
sentir que la personne qu'on a en face nous veut du bien. Je suis
partie en stop, toute seule, pour découvrir que je m'étais senti bien
plus seule en étant accompagnée de personnes avec qui je devais composer
au quotidien et qui ne me correspondaient pas forcément. Enfin j'avais
de la place pour respirer de nouveau. Me rendre compte que je m'étais
bien cassé la gueule, regarder en arrière et se dire : ça sera tout le
temps comme ça, un coup tu te perds, un coup tu te retrouve. Des ailes
me poussent dans le dos. Je fais des rencontres fantastiques. Je fais
des randonnées et vois des paysages extraordinaires. Un ami l'a très
bien décrit : "Quand tu vois ça, tu a envie de te dire que c'est juste
pour toi". Oui je l'ai fais juste pour moi. POUR MOI ET PERSONNE
D'AUTRE. Je me rend compte que la route c'est bien, mais j'ai aussi
besoin d'un sweet home. Je me pose, j'ai besoin de chaleur humaine. Je
me laisse l'occasion d'essayer sur mon parcours, relations charnelles
d'un soir, après tout pourquoi pas. La dernière m'est fatale, il se
trouve que le garçon que j'ai en face de moi fait fondre, comme par
magie toute mes défenses pourtant jusque là efficaces. Quelques jours
pour me rendre compte que ce sentiment d'abandon et de confiance est en
fait de l'amour. Ça faisait combien de temps que cela ne m'étais pas
arrivé. Cinq ou six ans. Jusque là, je n'avais donné à personne la clé.
Trop peur. Mais lui, il m'a ouvert les bras et j'ai su que je pouvais
tout lui confier, le bon, le mauvais.
Alors voilà, la NZ c'est un
chouette pays mais pour ce qui est de mon ressenti, ce n'est pas
l'essentiel de mon voyage que d'avoir vu des paysages grandioses.
C'était un temps pour moi, pour me découvrir en tant que jeune adulte
face à un monde pas si clément. C'était me rendre compte que je peux
vivre de pas grand chose matériellement parlant mais que ce qui me
pousse tous les jours à me lever c'est la chaleur humaine et
l'enrichissement personnel que je peux tirer de ma journée. J'ai
également pu me rendre compte que mon projet Cyprine faisait décidément
trop partie de ma vie et que j'en parlais, même dans mon anglais pire
que pourri. J'ai pu constater que malgré ma dégaine cheveux qui
repoussent, leggings et poils partout ben je plaisais. Waouh alors c'est
pas un problème de dégaine mais bien d'attitude. Parce que là bas, j'en
avais pas grand chose à cirer de plaire. J'étais clairement pas là pour
ça. C'est pourtant là que j'ai rencontré celui qui m'a suivi jusque
dans mes montagnes françaises haha !
Allez cette fois
ci on peut dire que je me suis livrée, ça me fait du bien de partager
tout cela. Je vous fais la bise bande de moules.